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Marseille: Des policiers lancent une cagnotte pour ouvrir une maison de retraite pour chiens flics

La vie de ce toutou là n’a pas manqué de mordant.

Erros est rentré dans la police il y a plusieurs années déjà.

C’est son maître de l’époque, un particulier, qui, un bras dans le plâtre, l’a confié aux forces de l’ordre : il ne parvenait plus à le maîtriser.

Là, comme tous les chiens susceptibles d’intégrer la police, qui recrute uniquement des chiens de la SPA ou de dons de particuliers, le malinois a passé une batterie de tests, afin de savoir s’il avait le profil pour servir l’Etat.

« Nous recherchons des chiens qui ne sont pas méchants, mais avec de belles valeurs de courage, des qualités olfactives, une possession des objets exacerbée et une faculté à aimer jouer », explique le major David Rodriguez, chef de la brigade canine de Marseille. Avec son flair imbattable, Erros a intégré la direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, cherchant sans relâche du bout de sa truffe les billets de banque et les stupéfiants, ses deux spécialités.

Un chien sans toit

Fin 2014, Erros a été réformé, après six ans de bons et loyaux services, afin de couler une fin de vie paisible. La vie de chien dans la police n’est en effet pas de tout repos : à l’image d’un sportif, le chien s’entraîne régulièrement, sous forme de jeu. Les toutous officient ainsi généralement huit ans au service de l’Etat. Une fois mis en retraite - ou « réformés » comme on dit dans la police - dans la majorité des cas, les chiens policiers sont adoptés « par devoir » par leurs maîtres, ou placés dans des familles d’accueil, afin de vivre une fin de vie paisible.

Mais, chienne de vie, les choses ne sont pas si simples pour Erros, huit ans. Son maître, muté, ne l’a pas adopté. « Hyperactif », « imprévisible », il a été réformé précocement « car il pouvait poser problème sur la voie publique », selon Stéphane de Mendonsa. Ce gardien de la paix et conducteur cynotechnicien au sein de la brigade canine de Marseille s’est alors mobilisé pour l’avenir du malinois. « Erros m’a apprivoisé, et on a aujourd’hui une bonne complicité », se réjouit-il.

Une cagnotte en ligne

Conscient qu’Erros ne pouvait vivre dans une famille d’accueil « classique » en raison de son caractère bien trempé, Stéphane de Mendonsa le confie à un ami ayant une bonne expérience en la matière. Mais la greffe ne prend pas, et voilà Erros sans toit, au grand dam de Stéphane de Mendonsa. « Erros a servi notre Etat, il mérite une fin de vie digne de ce nom », estime le policier.

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Aidé du brigadier-chef Cédric Goulart, également conducteur cynotechnicien, Stéphane de Mendonsa décide, par le biais de l’association Endive 13, de lancer une cagnotte en ligne pour créer une maison de retraite à destination des chiens policiers qui, comme Erros, ne pourraient être placés. La police nationale leur a cédé un terrain dans le centre régional de formation de la police nationale, pour y construire cinq boxes dont un médicalisé, à destination de quatre retraités canins marseillais. Les deux policiers ont prospecté plusieurs entreprises pour recevoir différents dons afin d’y planter des arbres, ériger eux-mêmes une clôture ou encore bâtir un abri. « On a aussi lancé une tombola et réalisé des affichages », explique Cédric Goulart.

Un artisan, touché par leur projet, leur a même proposé de réduire au maximum ses prix afin de leur présenter un devis avantageux. Reste désormais à rassembler les 40.000 nécessaires à construire les « chambres » à destination des futurs pensionnaires, une première en France. « On espère que cette initiative inspirera d’autres brigades dans d’autres villes de France », confie Stéphane de Mendonsa. Une trentaine de chiens officie chaque année au sein de la brigade canine de Marseille.

Source : www.20minutes.fr

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